Nos méthodes


A la Ferme des Loups, nous prônons développer nos propres méthodes. Cette affirmation ne découle ni d'une quelconque prétention, ni d'un désir de singularité, mais résulte de notre besoin de liberté à s'inspirer de plusieurs courants et techniques, parfois connus et nommés, sans pour autant se limiter à l'un d'entre eux. Nous nous inspirons ainsi principalement de la permaculture, du bio-intensif et de l'agro-écologie mais également de techniques anciennes, ou aucunement reconnues comme appartenant à une méthode particulière, et parfois même aux pratiques plus conventionnelles, ou des maraichers bio traditionnels. Notre fil conducteur reste de développer des pratiques le plus naturelles et respectueuses possibles, tout en recherchant une autonomie et une résilience pour notre ferme et nos jardins.


Naturel(les) :

Tout d'abord utilisé comme adjectif, le terme naturel(les) désigne notre volonté de développer et d'appliquer des méthodes de culture et d'entretien du lieu, qui savent accompagner, voire reproduire les processus naturels : que la nature développe sans l'intervention humaine. (ex : respecter les saisons et ne jamais chauffer ou éclairer nos semis afin qu'ils germent plus tôt qu’ils ne devraient à l'état naturel, ou encore laisser une plante monter en graine pour qu'elle se resème ensuite de manière autonome et spontanée)

 

Quand il ne s'agit que de limiter cette intervention mais qu'elle reste nécessaire, nous veillons à ce qu'elle reproduise le plus fidèlement possible ce qui pourrait se passer à l'état naturel (ex : si besoin de désherbage, les déchets sont laissés à décomposer sur place et non au composteur).

 

Ensuite, même si nous veillons à limiter au maximum ce qu'on appelle les intrants, chaque élément que cette main humaine apporte à l'écosystème doit être naturels (issu de la nature). Nous essayons d'étendre cette volonté à l'ensemble de notre ferme, tant pour les cultures, que pour les constructions ou le matériel (ex : construction en bois ou terre paille, utilisation de toile de jute ou de fibre de chanvre et non de voile en matière synthétique, ou encore l'apport de purins de nos propres plantes plutot que d'engrais issus de la chimie des laboratoires). Nous étendons également cet aspect naturel en veillant à ne faire appel qu'a des intrants locaux, car si la fibre de coco est naturelle, il nous semble qu'il y aurait un  non sens à ce qu'elle jonche nos sols du Nord de la France.

 

Pour finir, même si cela reste moins perceptible, nous utilisons aussi le terme "naturel(les)" comme un nom, afin d'illustrer notre pratique établit sur la spontanéité du jardinier et les actes qu'on effectue de façon totalement logique et "naturelle"".

Respectueuses :

Par définition, le respect fait appel aux sentiments de considération que l'on a pour quelqu'un ou quelque chose, en lien avec l'estime qu'on y porte. Notre défi de jardinier est donc d'accorder une même estime à tous les éléments qui composent notre écosystème et en font ce lieu particulier. On peut se laisser aller à imaginer un "droit" au respect universel, en essayant de laisser une place à chacun de ces éléments.

 

Dans la logique de notre projet, nous veillons donc au respect de la nature et de l'environnement dans sa globalité. Il s'agit d'accorder du respect tant à la faune (aux compagnons comme aux ravageurs), qu'à la flore (bonnes et mauvaises herbes) sans négliger les sols, les eaux, l'air, etc... Si ce respect est marqué de l'éthique globale de notre projet, il se traduit concrètement dans le choix de nos méthodes : naturelles, manuelles et résilientes.

 

Sans volonté de dissocier l'Homme de ce grand tout comme l'un des éléments, nos méthodes se veulent également respectueuses envers ce dernier. Cela concerne nos jardiniers, en lien avec la difficulté des actes et le confort d'activité, mais aussi avec les nécessités de juste rémunération et de reconnaissance de l'effort. Cela se traduit concrètement dans le choix de nos pratiques globales, comme pour les moindres actes, en veillant notamment à limiter les difficultés physiques qu'ils induisent pour le jardiner. Ce respect concerne aussi nos visiteurs, adhérents ou consomm'acteurs en lien avec la qualité des produits ou services fournis et là aussi un juste prix. Il se traduit par l'échange, la transparence, le pouvoir qui leur est offert et qui peut notamment s'illustrer par nos "prix libres et conscients". Pour finir, ce respect s'étend aux Hommes de l'ombre, ceux qui construisent notre matériel ou nous fournissent les éléments nécessaires à notre fonctionnement, en veillant à ne pas soutenir une économie qui négligerait ce même respect ainsi que des conditions de travail ou d'une juste rémunération. Nous privilégions donc de nous fournir auprès de partenaires capables de transparence et de nous assurer de ce respect et non envers ceux qui fabriquent nos godets ou nos grelinettes dans une usine du bout du monde, avec ce soupçon d'une exploitation, si non inégale, irrespectueuse

 

Autonomie :

Notre volonté première, à l'émergence de ce projet et pour notre famille, est d'être autonome ou de rechercher les moyens de l'être autant que possible. Si le socle solide sur lequel repose cette volonté s'illustre avant tout par son versant autonomie alimentaire, en devenant producteur de notre nourriture, nous incluons dès le départ une intention, à terme, d'une autonomie également énergétique.

 

L'autonomie s'étend aussi du côté des jardins, où nous recherchons constamment à avoir des méthodes et à rendre le lieu lui même autonome. Il s'agit ici de n'avoir besoin d'aucune sous-traitance et que notre système et écosystème soit eux mêmes producteurs des ressources dont ils peuvent avoir besoin.

 

Pour finir, nous cherchons également à rester autonome dans notre pouvoir de décision et en pleine maitrise de tous les aspects de notre projet. De la production, à la pédagogie, à la communication, en passant par la distribution, la transformation ou encore la commercialisation, nous tentons de nous charger nous même de l'ensemble des besoins. Nous portons aussi une attention particulière à rester autonome vis à vis d'engagements contractuels, banquiers ou autres, qui nous imposeraient certaines pratiques et la prédominance d'intérêts financiers ou de marchés, aux détriments d’intérêts écologiques ou de notre propre épanouissement.

Résilience :

La résilience est la "capacité à résister aux chocs traumatiques". Par nos méthodes, nous cherchons activement à favoriser cette capacité. Tout d'abord pour notre écosystème et nos jardins, en tentant de les rendre capables de résister aux intempéries (sècheresses, inondations,...) ou tout autre danger potentiel (maladies, ravageurs,...).

 

Ce super pouvoir, qui veille à un retour à l'équilibre après la catastrophe, est difficilement mesurable et ne peut se vérifier que dans le temps. Néanmoins, sa recherche oriente totalement nos méthodes et nos actions  deviennent pensées en conséquence. Notre design du jardin peut par exemple permettre plus facilement l'écoulement des eaux en cas de fortes pluies ou encore créer des barrières pour les vents, tout comme planter des arbres peut aider au maintien d'une berge.

 

A notre sens cette quête de résilience doit s'étendre également à notre projet global pour en faciliter sa réussite, en lien avec notre volonté d'autonomie. En faisant le choix d'un projet diversifié, il nous semble que cette résilience soit renforcée. Le choix de produire une diversité de légumes va nous permettre de contrebalancer la perte d'une culture, due à la sécheresse ou l'attaque d'un ravageur, avec la réussite d'une autre culture, qui va se satisfaire des conditions climatiques ou ne pas craindre ce même ravageur. La diversité du projet et de nos activités contribuent également à cela et cette fois ci ceux sont la pédagogie, la transformation ou la vente directe qui contrebalancent avec une mauvaise année de récolte.



Un laboratoire à "sol" ouvert :

Si pour nous les jardins doivent être notre petit coin de paradis, notre lieu de vie avant même d'en être notre lieu de travail, il est également un épanouissant terrain de jeu et un fabuleux laboratoire pour y satisfaire toutes nos curiosités. Nous profitons donc de cet espace autant que possible pour y mener des expériences agricoles, écologiques ou humaines et ainsi affirmer ou contredire ce qu'on peut imaginer ou lire, contribuant ainsi a améliorer nos méthodes.

 

Ce projet reste également pour nous, une expérience en lui même, tant nous ne sommes sûr de sa réussite et de sa viabilité, ni parfois même du bon chemin à emprunter pour y parvenir. Seul le temps nous en fournira les réponses...